DÉLIVRANCE
Le silence.
Comme un avant-goût de cataclysme.
Et puis, l’écho d’un cri. Aigu, saccadé… Las… L’appel désespéré d’un
toucan, que le petit matin est sur le point d’engloutir, impuissant
dans la lutte inégale pleine de chaleur sèche. Trop sèche.
Sous la main de l’homme, la mangrove se meurt peu à peu.
Des jours. Des semaines. Des mois. Sans répit. La mort étend son ombre, ne laissant çà et là que de frêles oasis.
Derrière le voile de la nuit qui s’estompe, le ciel se découvre, laisse apparaître une masse grise et sombre.
Depuis combien de temps n’était-il plus qu’une longue étendue de bleu, celle qui fait croire à l’homme que tout est radieux ? D’ailleurs, n’y a-t-il pas que l’homme pour être aveugle à ce point ?
Pendant un long moment où tout parait suspendu, l’océan céleste, fluide et de plus en plus noir, s’étire au-dessus de la forêt équatoriale, comme une promesse de délivrance, refluant la menace du silence. Cette forêt, ce poumon gigantesque que l’on pensait incompressible, qui se rétracte pourtant chaque jour davantage.
Entassés les uns sur les autres, mus par une impérieuse nécessité à laquelle ils ne peuvent plus se dérober, les nuages soudain s’abandonnent. Un éclair zèbre le ciel, aussitôt suivi d’un roulement tonitruant.
Une goutte tombe. Atterrit sur une feuille qui frémit. Puis une autre goutte, et d’autres encore, se suivent, se bousculent, de plus en plus lourdes. C’est bientôt un déferlement d’eau. Une ondée puissante, qu’on avait fini par oublier, recouvrant d’aquarelle tout le paysage. Fresque sublime couleur d’espérance.
La pluie démentielle s’en donne à cœur joie, se laisse ruisseler sur le feuillage des grands arbres tropicaux, martèle les longues fougères qui s’inclinent à terre, ravive les heliconias, rebondit sur les mares regonflées de vie, dans une harmonie de notes immémoriales : flic, flac, plouf, flic flac…
Une ribambelle spitante de ruisselets pareils à des enfants riants s’éparpille, dévale les terres meurtries, s’engouffre dans les crevasses rampantes des sols arides, emporte à vau-l’eau dans sa danse folle feuilles, segments de branches et brindilles.
C’est un matin neuf, et vieux de millions d’années.
Un éclat d’origine.
Coule la Vie…
Sous la main de l’homme, la mangrove se meurt peu à peu.
Des jours. Des semaines. Des mois. Sans répit. La mort étend son ombre, ne laissant çà et là que de frêles oasis.
Derrière le voile de la nuit qui s’estompe, le ciel se découvre, laisse apparaître une masse grise et sombre.
Depuis combien de temps n’était-il plus qu’une longue étendue de bleu, celle qui fait croire à l’homme que tout est radieux ? D’ailleurs, n’y a-t-il pas que l’homme pour être aveugle à ce point ?
Pendant un long moment où tout parait suspendu, l’océan céleste, fluide et de plus en plus noir, s’étire au-dessus de la forêt équatoriale, comme une promesse de délivrance, refluant la menace du silence. Cette forêt, ce poumon gigantesque que l’on pensait incompressible, qui se rétracte pourtant chaque jour davantage.
Entassés les uns sur les autres, mus par une impérieuse nécessité à laquelle ils ne peuvent plus se dérober, les nuages soudain s’abandonnent. Un éclair zèbre le ciel, aussitôt suivi d’un roulement tonitruant.
Une goutte tombe. Atterrit sur une feuille qui frémit. Puis une autre goutte, et d’autres encore, se suivent, se bousculent, de plus en plus lourdes. C’est bientôt un déferlement d’eau. Une ondée puissante, qu’on avait fini par oublier, recouvrant d’aquarelle tout le paysage. Fresque sublime couleur d’espérance.
La pluie démentielle s’en donne à cœur joie, se laisse ruisseler sur le feuillage des grands arbres tropicaux, martèle les longues fougères qui s’inclinent à terre, ravive les heliconias, rebondit sur les mares regonflées de vie, dans une harmonie de notes immémoriales : flic, flac, plouf, flic flac…
Une ribambelle spitante de ruisselets pareils à des enfants riants s’éparpille, dévale les terres meurtries, s’engouffre dans les crevasses rampantes des sols arides, emporte à vau-l’eau dans sa danse folle feuilles, segments de branches et brindilles.
C’est un matin neuf, et vieux de millions d’années.
Un éclat d’origine.
Coule la Vie…
Ce texte a été écrit dans le cadre d'un concours imposant 10 mots obligatoires
Les mots à inclure (à chercher si voulez !) :
aquarelle – à vau-l’eau – engloutir – fluide – mangrove – oasis – ondée – plouf – ruisseler – spitant
Les mots à inclure (à chercher si voulez !) :
aquarelle – à vau-l’eau – engloutir – fluide – mangrove – oasis – ondée – plouf – ruisseler – spitant
DELIVRANCE UN JEU OU IL faut trouver les phrases qui tiennent la route;
RépondreSupprimeril faut trouver les phrases bien construites, pour la lectrice que je suis, presque impossible.
RépondreSupprimerOui, pas forcément évident... mais les mots m'avaient inspirée.
Supprimer